Une fois n'est pas coutume, je vais parler de mon boulot et du milieu trépidant de la bancassurance (la personne qui a inventé ce mot mérite de mourir).
En me basant sur ma modeste expérience, la banque est un milieu rétrograde qui est complètement à côté de la plaque au niveau nouvelles technos (voilà, c'est dit). Et cela concerne autant l'aspect technique que l'aspect business :
- des technologies datant de la bulle internet... sauf quand le marketing se lâche sur un site en flash qui pique les yeux
- une aversion au changement et à l'innovation, qui provient notamment des services juridiques/conformité/qualité/etc très frileux
- un manque d'intérêt des équipes internes pour les nouvelles techno, à relier au vieillissement de la masse salariale (en particulier les décideurs)
- une communication unilatérale trop old-school à l'ère du blogs
Bref, on est très très loin de la vision avant-gardiste du ClueTrain Manifesto. Et c'est d'autant plus dommage que les banques ont toutes les cartes en main pour réussir :
- Tout le monde a un compte en banque
- La banque est dans la sphère de confiance absolue du client (on leur donne notre argent sans rechigner, c'est dire !)
- La banque a l'argent du client à portée de main (l'achat en un clic sans effort : la banque connait déjà les coordonnées bancaires du client)
- Les clients reviennent volontairement tous les jours sur le site web de la banque (le rêve de nombreuses start-ups web)
- et enfin : l'argent est virtuel ! donc tout peut être réalisé informatiquement...
Ce dernier point est particulièrement fort : imaginez si Nike pouvait vendre un nouveau modèle de chaussures uniquement en la concevant sur ordinateur, ou si Renault pouvait rajouter une nouvelle option à toutes ses voitures déjà en circulation en faisant un simple update... Les banques n'ont aucune excuse pour ne pas s'approprier le monde digital.
Concrètement, où innover ? Une petite liste non exaustive :
- Sites sécurisés plus interactifs, avec des fonctionnalités un peu plus innovantes que la simple consultation (j'y reviendrai, héhé)
- Simplification de la gamme de produits, voire disparition de la gamme : plutôt que de devoir choisir entre PEA, LDD et OPCVM, je délègue simplement cette tâche à mon gestionnaire de patrimoine virtuel qui s'arrange pour que mon argent (quand j'en ai) soit placé au mieux suivant le niveau de risque que j'ai choisi.
- Réduction des coûts : pourquoi ya-t-il encore des frais sur des opérations où aucune intervention humaine n'est nécessaire ?
- Les mobiles : mon compte en direct sur mon iPhone (gPhone ?)
- de l'argent gratuit pour les gens gentils (on peut toujours rêver, non ?)